Cela ne vous a sûrement pas échappé mais il y a quelques jours Google a annoncé qu’en date du 1er mars 2012 sa politique de confidentialité allait changer. Vous avez même déjà dû lire un peu de tout sur le sujet allant de ceux qui crient au loup à ceux qui ne s’inquiètent pas du tout de ces changements. Selon moi ce changement à au moins le mérite d’attirer l’attention sur un acteur du web souvent considéré comme le gentil de l’histoire (Vs les Facebook, Microsoft, Apple, etc.).

Introduction
Tout d’abord il faut bien comprendre que pour Google, les utilisateurs (c’est à dire vous et moi) ne sont pas l’intérêt premier. Cela a déjà été dit mais nous ne sommes pas les clients, juste les consommateurs. Les clients sont les annonceurs qui paient la firme pour diffuser leurs publicités. Plus la publicité atteint un consommateur ciblé avec précision, plus c’est intéressant pour eux. Et pour toucher quelqu’un de manière pointue il faut en savoir un maximum sur lui, ses centres d’intérêts, ses hobbys, là ou il passe son temps, qui il connait, etc.
Et ce que disent les nouvelles règles Google ce n’est pas autre chose que cela, à savoir exploiter au mieux les données que vous donnez au géant américain et croiser ces infos émanant de nombreux services pour vous analyser au mieux. Vos mails, vos partages, vos recherches, vos localisations, votre graphe social, vos contacts, vos amis, … tout sera mit dans la salade, secoué et ils en ressortiront la vinaigrette qu’il leur faut. Un exemple cité par Google dans son communiqué « Peut-être pourrons-nous vous dire que vous serez en retard pour un rendez-vous en prenant en compte votre localisation, votre agenda ou encore les conditions de circulation ».
Bon jusque là ça ne m’interpelle pas plus que cela d’autant plus que certains services plus sensibles ne sont pas concernés par cette mise à jour (par exemple Google Wallet le service de micro-paiement). Honnêtement je pensais qu’ils le faisaient déjà auparavant, tout du moins partiellement même si de manière cloisonnée pour chaque outil. Bien entendu le croisement de l’ensemble donne un effet plus puissant à la chose mais on entend depuis des années la mise en garde de ne pas mettre tout ses oeufs dans le même panier. Ceux qui n’ont pas sauté sur tous les services Google se sentiront moins ‘fichés’ que les autres et il n’y a pas plus de raisons de douter de ce que Google fera de nos données maintenant qu’il n’y en avait il y a 6 mois.

Ce qui est un peu plus dérangeant c’est le fait de ne pas laisser le choix à l’utilisateur, en gros soit tu valide soit tu ne pourra plus utiliser leurs outils. Ils font ce qu’ils veulent (c’est chez eux) mais c’est un peu péremptoire, certains peuvent se sentir un peu prit à la gorge lorsqu’un des outils concernés représente un élément ‘vital’ de leur écosystème web. Google ne nous veux p-e pas de mal mais étant au courant de nos moindres faits et gestes il suffira d’une injonction de la justice pour qu’elle dispose des mêmes éléments. Vu la parano ambiante concernant l’anonymat sur le web et les ‘abus/bavures’ des gouvernements, le fait est à prendre en compte
La bonne nouvelle pour ceux qui veulent en donner le moins possible à Google tout en continuant à utiliser ses outils c’est qu’il existe des solutions permettant de limiter l’impact de cette nouvelle politique voire même effectuer un petit retour en arrière par rapport à la situation actuelle si vous n’aviez pas forcément trop fait attention à ce qui était récupérable sur votre compte.
Faire l’état des lieux
La première chose est déjà de savoir ce que Google possède de vous à l’heure d’aujourd’hui. La première étape logique est donc de vous rendre sur votre tableau de bord général
Ce dernier vous donne accès à tous les outils que vous utilisez ou avez activés. A vous de voir ce que chacun possède, dans quelle mesure ces infos peuvent être utilisées, si tel service vous sert encore, etc. Ce sera différent pour tout le monde mais en ce qui me concerne j’en ai profité pour :
- Supprimer Google Buzz, mes flux RSS inexploités, l’un ou l’autre blogspot abandonnés depuis longtemps, quelques todo-list (j’avais utilisé temporairement ce service mais n’avait pas retiré mes listes), mes google alertes, remettre iGoogle en paramètres par défauts, …
- Trier mes contacts : avec l’ajout des cercles G+ ça devient vite le boxon, un petit tri ne fait pas de mal
- Me désinscrire de certains Google Groupes qui ne m’intéressaient plus ou non d’actualités
- Retirer les Google Documents anciens, inutiles, …
- Remise à 0 de mon compte Youtube (favoris, playlists, vidéo notées, etc.).
Bref l’idée ce n’est pas de cacher ou empêcher quoi que ce soit mais juste de trier tout ce qui ne sert pas/plus histoire d’y voir plus clair.
Passer à l’action
Ensuite je suis passé à l’historique web que j’ai désactivé et dont j’ai supprimé les résultats en stock : https://www.google.com/history/
Recherche : Pour empêcher Google de traquer mes recherches et mes clics dans le moteur (que je soit connecté ou non), il existe cette aide en ligne : bloquer la personnalisation de recherches.
Publicités : Vos informations personnelles ne seront pas partagées avec le réseau publicitaire de Google tant que vous n’être pas connecté, sinon c’est par défaut. Si vous allez sur votre Gmail et que vous ne pensez pas à vous déconnecter la récolte commence. Pensez à passer sur vos préférences et à cliquer le « Opt-out » aussi bien pour les publicités de recherches et Gmail que pour celles du web. Il existe aussi des plugins pour Chrome et Firefox permettant de rester déconnecté de manière permanente en empêchant la récupération des cookies.
Télécharger Keep My Opt-Outs sur Chrome proposé par Google.
Télécharger NAI Consumer Opt Out Protector sur Firefox
GMail : j’avais depuis longtemps supprimé le tchat et supprimé l’historique des conversations, j’en ai profité pour faire un tri dans mes labels, supprimer l’ensemble des discussions dans la poubelle, etc. Juste histoire de n’avoir que du mail ‘du moment’ et plus d’anciennes discussions quelconques.
Google Analytics : de nombreux sites utilisent ce service afin d’obtenir des informations sur leurs visiteurs, ces mêmes infos sont récupérées par Google sur ses serveurs. Vous pouvez installer un add-on permettant de ne pas être prit en compte (proposé par Google lui-même), Si vous préférez un outil externe il y a Ghostery qui vous permettra aussi de bloquer les mouchards et cookies placés dans les boutons G+, les boutons Facebook, twitter, etc .
Télécharger Google Analytics Opt-out Browser Add-on
Télécharger Ghostery
Au final
Bien entendu il ne s’agit pas ici de faire un billet sur l’anonymat à tout prit, mais de rappeler que si Google active les vannes de sa récolte informative par défaut il existe des moyens de limiter cela. Pas de raisons de paniquer, s’il n’est p-e pas jouable de passer complètement sous les radars il y a déjà de quoi bloquer une partie.
Et cela sans compter qu’il est tout à fait possible de remplacer purement et simplement certains outils qui peuvent avoir des remplaçants selon ce que vous en attendez : Google Maps, le moteur par défaut dans les navigateurs, Netvibes, … Il est également possible de ne garder un navigateur QUE pour les services Google, par exemple avoir un firefox avec lequel faire tout ce qui est possible et ensuite passer sur une instance Chrome pour les sites comme Gmail, Youtube, etc. juste histoire de bien séparer les choses et de ne faire tourner Google que sur lui même.
Article original écrit par Christophe et publié sur © Homo Sapiens Internetus, le 02/02/2012
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