WordPress, Thesis, et la licence GPL

Le petit monde de WordPress a été fortement agité la semaine dernière.

Pour résumer :

  • Les thèmes créés pour WordPress doivent être distribués sous licence GPL ;
  • Chris Pearson, l’auteur du thème Thesis, n’a jamais voulu distribuer son thème en GPL ;
  • Mat Mullenweg a décidé de rendre le contentieux public après des années de demandes privées ;
  • Cela risque de se terminer en procès. Mise à jour : le 22 juillet, Chris Pearson a décidé de passer Thesis en licence partagée GPL/propriétaire !

Je vais ici tenter de présenter les faits, sans aucun jugement, afin que vous puissiez vous faire votre opinion sur l’affaire. Notez que je ne suis pas avocat ni juge, et que je ne suis pas un employé d’Automattic (ni personne du staff WPFR, d’ailleurs).

(en passant : j’ai commencé cet article dimanche soir, sous une migraine carabinée depuis samedi midi et qui fait toujours effet, n’hésitez pas à me signaler les fautes ou incohérences)

Présentation 1 : Chris Pearson et Thesis

Chris Pearson crée des thèmes WordPress depuis 1998 2008, gratuits ou payants, sous la marque DIY Themes. Après quelques bons thèmes, il se concentre totalement sur Thesis, un thème pour WordPress conçu autour d’un framework qu’il a créé. Ce thème est payant (de 87 à 164 dollars, avec des variations), mais présente des restrictions qui ne devraient pas exister si le thème respectait la licence GPL (limité à un site, obligation d’un lien…).

Depuis le début, les développeurs de WordPress ont tenté, en privé comme en public, de convaincre Chris Pearson de passer son thème en GPL, en vain.

Présentation 2 : WordPress, ses thèmes et la GPL

WordPress n’est pas une création originale. Ce logiciel est la reprise d’un logiciel plus ancien, baptisé b2 par son auteur, le français Michel Vadrighi. Michel a diffusé b2 sous licence GPL, WordPress ne pouvait donc qu’être sous licence GPL.

Mais c’est quoi la GPL ? La GNU General Public Licence est « une licence qui fixe les conditions légales de distribution des logiciels libres » (lisez l’article de WikiPédia). Existant depuis 1989, c’est certainement la licence la plus utilisée dans le monde du logiciel libre.
Les termes sont important : il s’agit d’une licence de distribution publique, qui ne s’applique donc que si le thème est distribué au public. Ainsi les thèmes créés pour un client, un ami ou pour soi-même ne sont pas obligés d’être en GPL… tant qu’ils ne sont pas distribués.

Les créateurs de thèmes WordPress qui souhaitent distribuer leurs thèmes doivent le faire en utilisant la licence GPL. C’est là l’opinion du Software Freedom Law Center (pas vraiment des débutants en la matière), jugeant que les thèmes sont des dérivés de WordPress car ils utilisent majoritaire des fonctions de WordPress (les templates tags et conditional tags), avec des éléments de logique opérationnelle (if(), while() et compagnie) — je simplifie.  Le code HTML mélangé aux balises PHP forment un tout largement déterminé par les fonctions de WordPress, et donc sont dérivés de WordPress. Le tout ne peut fonctionner qu’avec WordPress.

Les images et fichiers CSS, eux, ne sont pas des dérivés de WP, et ne sont donc pas soumis à la GPL.

Il en va de même pour les extensions WordPress, bien sûr. Par ailleurs, d’autres projets GPL, comme Drupal ou Joomla, insistent depuis longtemps sur le fait de conserver la licence GPL pour les thèmes et extensions : FAQ de Drupal, FAQ de Joomla.

A noter un article réponse à l’avis du SFLC, « Why the GPL does not apply to premium WordPress themes« , publié par un avocat spécialisé dans la protection des propriétaires immobiliers en fin de droits et évincés de leur logement.

Déroulement des faits

[ajout du 22 juillet : les commentaires d'un article par Adam Walker Cleaveland, datant du 4 juin 2010, montre que les discussions autour de Thesis précèdent largement celle de ce 14 juillet]

Tout a commencé le 14 juillet, lorsque Bill Erikson, un consultant faisant du développement WordPress, a reçu un message de Toni Schneider (CEO d’Automattic) lui annonçant son retrait de CodePoet (la liste des consultants WP mis en avant par Automattic), parce qu’il annonçait travailler avec Thesis. Thesis ne respectant pas la GPL, et CodePoet ne faisant la promotion que des développeurs qui respectent la licence de WP, Bill devient un dommage collatéral.
Se sentant floué, il met le message de Toni en ligne sur Flickr, et reçoit un commentaire de Matt expliquant la logique de cette décision.

Quelques heures plus tard, Matt retweet un message de Danny Arr, où ce dernier pointe du doigt du code malicieux présent dans le thème Thesis depuis plusieurs jours déjà. Matt commente : « Le site de Thesis a-t-il été piraté, ou est-il intrinsèquement non sécurisé ». Deux minutes plus tard, un second commentaire : « Voilà ce qui arrive quand des gens qui ne savent pas coder se mettent à coder ». Il était clair que la présence de ce code malicieux dans Thesis a décidé Matt a rendre public son point de vue anti-Thesis.

C’est confirmé avec l’échange suivant : la développeuse Chelsea Otakan écrit « Récemment, un client m’a spécifiquement demandé d’utiliser Thesis. Ce n’est pas vraiment une partie de plaisir », et Matt lui répond « Dis-leur que je leur offre le thème premium de leur choix. » Ce n’est là que le premier de nombreux messages de Matt en la matière, illustrant parfaitement l’adage anglais « put your money where your mouth is » (« joindre le geste à la parole »). Autre exemple.
A ceux qui trouvent surprenant le fait que Matt s’en prenne si subitement et violemment à Thesis, Matt répond « Je suis resté calme, cela fait deux ans qu’on leur demande de respecter la licence. Ils ne s’intéressent qu’à l’argent. Maintenant j’en ai marre. » Il recommande par ailleurs tous les développeurs de thèmes premium (donc, payants) qui respectent la GPL.

De son côté, Chris Pearson (le concepteur de Thesis) annonce son point de vue : « Ce qui compte pour moi, c’est résoudre des problèmes. Pas les idéologies, pas les emmerdements du jargon juridique, pas vos idées préconçues. Juste les solutions. Compris ? » C’est la ligne de pensée qu’il tiendra tout du long, et qu’il tenait déjà dans une vidéo en mai 2010. Autre angle de son argumentation, « Thesis n’enfreint pas la licence GPL parce qu’elle ne s’applique pas à Thesis. » Il affirme par ailleurs n’avoir jamais dit qu’il comprenait parfaitement la GPL, juste qu’il estime qu’elle ne s’applique pas à lui. Selon lui, les développeurs de WP avaient le choix de prendre la licence GPL ou non, et lui-même a ce choix.

C’est Ben Cook qui lance l’idée du procès, seul moyen de défendre définitivement Thesis face à ces attaques : « C’est une LICENCE ! Tant qu’on ne la fait pas respecter, elle n’a aucune impacte. L’Illinois a une loi stipulant que l’on peut être arrêté si l’on n’a pas au moins 1 dollar sur soi >> aucun impact », opinion partagée par Chris Pearson et réitérée par la suite :  « monte au créneau ou tais-toi ».

Andrew Warner, présentateur de l’émission en ligne Mixergy.com, propose à Chris et Matt de débattre en direct et en public plutôt que sur Twitter. L’émission dure presque une heure, et ni Chris ni Matt ne changent de point de vue, malgré les tentatives de conciliation d’Andrew. Vous pouvez l’écouter dans son intégralité, ou lire la longue transcription en bas de la page. Au final, Chris défie plus ou moins Matt de l’attaquer en justice. Quelques rapides citations.

Le 16 juillet,  Jeffrey Chandler de WPTavern a pu discuter à froid avec Matt à ce sujet, au sein de son interview mensuelle « Where’s Matt? » Ecoutez-la !
Le même jour, Grant Griffiths, co-fondateur de Headway Themes, a annoncé avoir pris la décision de passer tous ses thèmes en licence partagée  GPL/propriétaire, afin tant de respecter la licence de WordPress (code PHP) que de protéger leurs propres créations (code JavaScript, images, CSS, etc.), et ce malgré sa réticence face à la GPL. Il suit en cela la recommandation de Matt.

Un petit malin (finalement pas d’URL) s’est amusé à proposer à la vente les 65 thèmes conçus par WooThemes (et diffusés en GPL) pour la modique somme de $10, au lieu des $75/thème d’origine. La réponse de WooThemes : « C’est légal, mais on n’en parle pas, car ce sont d’anciennes version des thèmes, et ils pourraient contenir du code malicieux », puis « Si quelqu’un préfère acheter nos thèmes sur ce site, on n’en veut de toute façon pas comme client », et enfin « C’est la vie ! Il y aura toujours de profiteur et des arnaqueurs. »

Quelques liens pour vous faire votre avis :

  • Drew Blas démontre que Thesis reprend directement du code de WordPres ;
  • Andy Peatling (membre d’Automattic, lead dev de BuddyPress) montre que Thesis étend une classe de WordPress, et donc dérive du code de WP ;
  • Jane Wells (membre d’Automattic) raconte sa récente et décevante rencontre avec Chris ;
  • Ryan Boren (membre d’Automattic, lead dev de WP) nous apprend en quoi le débat ne peut être comparé à celui des applications desktop, notamment les modules Linux ;
  • Mark Jaquith (freelance, core dev de WP) explique dans les détails pourquoi les thèmes de WP dérivent forcément de WP lui-même (les commentaires sont également à lire). Si vous ne devez lire qu’un article… ;
  • Andrew Nacin (freelance, core dev de WP) écrit qu’il a trouvé son propre code de celui de Thesis. Idem pour Alex Mills (membre d’Automattic) ;
  • Frederick Ding fait un résumé en deux parties de toute l’affaire ;
  • Enfin, la synthèse de Matt (puis une seconde), avec des nombreux commentaires intéressants, notamment ceux de Rick Beckman, ancien membre de l’équipe Thesis qui fait son mea culpa.

…et d’autres liens, cette fois avec des contre-arguments :

  • Drew Blas pense que la GPL va trop loin dans sa caractérisation des travaux dérivés ;
  • Nathan Hangen a enregistré un podcast où il explique que la GPL est une licence Marxiste, et que Matt est anti-capitaliste (ce qui amuse grandement Jane Wells) ;
  • Marco Tabini (co-fondateur du magazine php|architect) indique qu’il n’aime pas la GPL, et que l’opinion de chacun ne change rien, seul un tribunal peut statuer définitivement sur ce débat. Il en rajoute le lendemain ;
  • Allison Boyer pense que Matt se trompe quand il affirme parler au nom de la communauté ;
  • Ryan Thrash (lead dev du CMS MODx) annonce que MODx est également sous licence GPL, mais que cela n’empêche pas les concepteurs d’extensions et thèmes pour MODx de choisir leur propre licence ;
  • Chip Bennett explore les implications légales de la GPL et du concept de produit dérivé, et réfute le fait que les thèmes WP héritent forcément de la GPL ;
  • (d’autres ? indiquez-les nous !)

Ce qu’il faut en retenir

La licence GPL n’a pas attendu Chris Pearson et Thesis pour faire ses preuves, même face à un tribunal. Si la seul manière de faire rentrer Thesis dans le droit chemin est de passer par là, il y a de fortes chance que la GPL ne s’en trouve que renforcée. La cible de Matt n’est pas Chris Pearson ou Thesis en particulier, mais tous ceux qui diffusent des thèmes (payants ou non) sans respecter la licence GPL ; il se trouve simplement, et malheureusement, que Chris Pearson est sans doute le plus orgueilleux de tous (cf. sa phrase du débat en ligne, « I have been arguably one of the top three most important figures in the history of WordPress. You, Mark Jaquith, and myself, are the three people that I am talking about. » Michel Valdrighi appréciera…).
Mat n’a de cesse de le répéter : le jour où Thesis sera passé en GPL, toute cette affaire sera terminée.

Cela fait longtemps que l’équipe d’Automattic a indiqué que les thèmes et extensions étaient dérivés de WordPress, et donc devaient respecter sa licence en cas de distribution publique. Au départ réticents (on les comprend), de nombreux concepteurs de thèmes Premium se sont lancés dans l’aventure avec succès, à commencer par Brian Gardner.
Celui-ci avait créé la série Revolution Themes, avec succès, et a totalement revu son business model en ne diffusant que du code GPL à partir d’octobre 2008. Ils étaient deux freelances, et désormais sa société StudioPress emploie 8 personnes, et il s’en félicite : « Studio Press réalise plus de ventes aujourd’hui en étant GPL et avec des centaines de concurrents, que quand Revolution n’était pas GPL et n’avait aucune concurrence. »
Même son de cloche pour WooThemes (qui font également des thèmes pour ExpressionEngine et Drupal), iThemes, The Theme Foundry et tout ceux représentés dans la section « Thèmes commerciaux » du dépôt de WordPress.org. Tous n’ont vu leurs affaires que prospérer depuis qu’ils sont passés en GPL.

En définitive, les développeurs de WP ne demandent rien de plus que du respect, tant pour leur travail que pour la licence sous laquelle ils ont placé ce travail. Pour Chris Pearson et ceux qui distribuent leurs thèmes en dehors la licence GPL, il s’agit de faire « ce qui est juste ». Respecter la licence de distribution du logi­ciel qui vous fait vivre, c’est égale­ment res­pec­ter la com­mu­nauté qui crée ce logiciel.

Les prochaines évolutions de ce débat devraient être intéressantes à suivre…

L'auteur :

Mainteneur de la traduction en français de WordPress. Son blog perso.

Informations annexes à l'article

Cet article a été publié le Lundi 19 juillet 2010 à 21:40 et est classé dans Thèmes, WordPress.

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27 commentaires

  1. Excellent article. J’avais aperçu quelques articles sur le sujet mais j’étais loin d’avoir tout saisi. Merci d’avoir résumé tout cela de manière si claire.

  2. Merci pour cet éclaircissement, Xavier.

  3. J’ai quand même l’impression que ça ne tient pas debout. Je serais ravi d’avoir des éclaircissements sur ce point :

    J’utilise quotidiennement Linux (distribution Ubuntu), système basé sur le noyau linux sous license GPL.

    Sous ce système, j’utilise des programmes propriétaires tels que Skype, Adobe Flash Player, Real Player…

    Ces programmes utilisent dont les API du noyau linux (ou du moins des API mises à dispositions par des programmes plus « hauts » qui eux utilisent l’API du noyau ou d’autres programmes « intermédiaires », mais on aboutit forcément au noyau qui est lui sous license GPL).

    Si je me fie à la logique des développeurs de WordPress et autres pro-GPL présentée ici, tout programme tournant sur un système Linux devrait donc obligatoirement être sous license GPL ?

    J’ai l’impression que le problème est bien plus complexe. Un procès serait « intéressant », mais j’ai l’impression que ça pourrait avoir un impact bien plus important que de juste savoir s’il est possible de développer pour WordPress avec d’autres licenses que la GPL.

    Autant dire que pour un utilisateur lambda, un système Linux sans Flash Player (pour ne citer que lui) perdrait très vite une grande partie de son intérêt.

    À méditer.

  4. Simon : lis l’article de Ryan, il parle spécifiquement de cette comparaison.

    Pour résumer, les applications desktop qui tournent sur un système d’exploitation sont plutôt comparables aux clients XML-RPC qui exploitent l’API XML-RPC de WordPress. Aucun problème de licence de ce côté-là.

    « (…) savoir s’il est possible de développer pour WordPress avec d’autres licences que la GPL » : de ce que j’en sais, non. WordPress n’est déclaré que sous une seule licence, et c’est celle qu’il faut respecter. En comparaison, Firefox est disponible sous trois licences (MPL/GPL/LGPL).

  5. Il est clair qu’Auttomatic veut un peut faire le ménage. Je viens de regarder le thème Headway et ses licences/tarifications/contraintes étaient identiques à celle de Thesis. Je pense qu’il y en a beaucoup d’autres…

  6. tout ça est fort intéressant mais un peu charabia pour moi (et pourtant il y a sans conteste un effort d’explications)

    alors je vois les choses comme ça :

    tout le monde à besoin de gagner de l’argent en travaillant, normal, c’est pourquoi ils demandent des dons (tradition étatsunienne, pas du tout chez nous mais on peut prendre le pli, comme le font tous les codeurs de wp du monde)

    cependant j’avais été surprise quand il a commencé à y avoir des thèmes payants présenté sur .org, je me suis demandée si ça n’était pas entrain de glisser vers autre chose.

    et vu les milliers de gens de par le monde qui code des tas de trucs en gratis je me dis qu’ils doivent en avoir des retombées ou sinon ils sont tous fous, mais à cette échelle c’est autre chose : ils y trouvent des retombées

    les retombées doivent être de pouvoir prouver qu’on fait des bons trucs, qu’on est un « bon » codeur, et de pouvoir le faire savoir pour trouver des clients payants, c’est une forme de pub donc.

    autrement dit pourquoi toute cette bataille ?

    les logiciels libres sont la loi du net, ils doivent bien y trouver leur compte, ils ne sont pas des oeuvres de bienfaisances et nous sommes en système capitaliste, et même en système marxiste les Humains étant ce qu’ils sont…

  7. Annie, il n’est pas ici question de dons, mais de vente : les thèmes Premium sont vendus, parfois pour plusieurs centaines de dollars.

    Rien n’empêche de gagner de l’argent en vendant du logiciel libre. Quelqu’un pourrait prendre WordPress et le vendre 50 euros sur son site — mais sous un nom différent, car « WordPress » est une marque déposée.

    La bataille, c’est pour préserver la possibilité de chacun d’utiliser, modifier et redistribuer un produit open-source comme bon lui semble. C’est la définition de la GPL, qui est « virale » (un produit basé sur un autre produit GPL doit être à son tour GPL), et certains créateurs de thèmes Premium choisissent de l’ignorer.

  8. ben vendre wp faut le faire… à des dupes, qui un jour quand ils s’en apercevoir pourraient demander des dommages et intérêts (à moins qu’ils aillent jamais sur le net après tout, ça doit exister des gens qui font faire un site et qui n’ont aucune curiosité)

    plusieurs centaines de dollars ils y vont fort aussi… reprise du ci-dessus… vu qu’on a tout ce qu’on veut en gratis par centaines de choix, où alors des très très exigeants qui veulent des trucs très compliqués…

    ps hors sujet mais pas tout à fait : l’histoire du téléchargement gratis est lié à cette gratuité d’ensemble du net, on ne peut plus revenir sur un état d’esprit

  9. Annie, toute une partie de l’économie du net tourne autour de la vente non pas de WP lui même mais de services autour : thèmes et plugins sur mesure, adaptations très fines, assistance, formation…

    Je suis un utilisateur du fameux thème Thesis et perso je sais pourquoi je l’ai payé et pourquoi je l’ai préconisé à des clients. D’ailleurs sur le devis ils savent clairement ce que je leur vends : un thème sur mesure, une installation wordpress propre, de l’assistance. Je sais aussi que depuis que j’utilise Thesis je ne cherche plus de thème et c’est pour moi une sacrée économie de temps qui vaut plus que les 167 dollars de licence.

    Mais c’est aussi valable pour l’ensemble du logiciel libre : autres CMS, serveurs,… Des potes vivent même de la vente de services autour d’un logiciel libre qu’ils développent mais ne vendent pas et qui est disponible en libre téléchargement sur leur site.

    C’est l’économie du libre

  10. Regardez WooThemes… thèmes sous GPL… donc une fois achetés, nous pouvons les distribuer librement…

    Personnellement, ça me fait mal de voir ça. C’est du détournement. Thesis a bien raison, s’il ne veut pas voir son travail piraté illégalement.

  11. je viens d’aller visiter le thesis, il intègre des extensions (seo, images) si j’ai bien compris, on peut choisir des trucs, un forum, etc… toutes choses qui existent aussi dans des thèmes gratis en rajoutant des extensions…… les bonnes de préférences ! pas toujours évident à trouver.

    Mais si chacun y trouve son compte (codeurs freelance et webmaster) tant mieux.

    ok que le problème est de respecter le gratuit de base de wp (qui eux-mêmes, si j’ai bien compris, ne font pas ça que pour le plaisir, mais y retrouvent leur compte, et tant mieux finalement on est tous heureux comme ça, à condition d’en respecter les règles et les frontières

  12. continuant à chercher pour comprendre, j’ai trouvé sur wikipedia ceci :
    Les termes de la GPL autorisent toute personne à recevoir une copie d’un travail sous GPL. Chaque personne qui adhère aux termes et aux conditions de la GPL a la permission de modifier le travail, de l’étudier et de redistribuer le travail ou un travail dérivé. Cette personne peut toucher de l’argent pour ce service ou bien ne rien toucher. Ce dernier point distingue la GPL des autres licences de logiciels qui interdisent la redistribution dans un but commercial. Stallman pense que le logiciel libre ne devrait pas placer de restriction sur l’utilisation commerciale, et la GPL indique explicitement qu’un travail sous GPL peut-être (re)vendu. En cas de modification, le résultat doit être placé sous la même licence.

    ce qui signifie qu’on peut revendre (contre des € ou $ donc) ou pas selon

  13. Qu’en est-il de themeforest? Ils en distribuent pas sous GPL, vont-ils être soumis au même traitement que Thesis?

  14. Bertrand : rien n’empêche le créateur de Thesis de la passer en GPL et de continuer à faire payer le même prix. De nombreux autres créateurs de thèmes payants ont fait la transition vers la licence GPL avec succès, donc le modèle a fait ses preuves. L’auteur de Thesis a apparemment un problème avec le fait de respecter la licence du logiciel qui le fait vivre.

    Valentin : fais une recherche « Thesis Theme » sur BitTorrent, tu verras que ce thème est également disponible gratuitement… Ne pas être sous GPL ne signifie certainement pas ne pas être piraté (demande à Microsoft ou Adobe…)

    Ce n’est pas du détournement vu que les auteurs de thèmes GPL ont explicitement indiqué qu’ils acceptent la redistribution libre de leur création. Et le créateur garde le copyright sur son nom. Il peut même établir une licence propriétaire pour les fichiers autres que PHP (CSS, JS, images…).

    Ceux qui choisissent de récupérer gratuiteent un thème Premium GPL plutôt que de le payer ne profiterons pas du support personnalisé que les auteurs fournissent.

    Annie : les thèmes gratuits sont régulièrement mal conçu et, comme tu le dis, requièrent des extensions pour offrir autant de fonctionnalité que les thèmes Premium (GPL ou non). De nombreux utilisateurs préfèrent payer pour avoir de la qualité, que de se prendre la tête à pour un résultat moins bon (problèmes d’intégration, utilisabilité, etc.).

  15. Annie : oui, on peut revendre des logiciels GPL (comme déjà écrit dans l’article et redit dans les commentaires…), mais pas en utilisant les marques déposées. Par exemple, je ne peux pas revendre WordPress, sauf si j’en enlève toutes les références à la marque « WordPress ». Idem pour la marque WooThemes, ou la marque Thesis…

    Eric : ThemeForest se sont mis à une licence partagée GPL/propriétaire il y a un an.

  16. ben voilà j’ai grandement appris (j’étais naïve, bête, conne, au choix) je viens de re-re-lire ton article (et les commentaires de chacun), vraiment passionnant, à suivre l’affaire de près maintenant

    (aussi que un French soit à l’origine de tout ça fait du bien à notre ego, on n’est pas si idiots les Français, mais on le savait déjà, on a juste besoin de confirmation de temps à autre)

  17. Merci Xavier pour ce résumé et ces éclaircissements. J’ai regardé le débat en vidéo hier soir, mais je n’avais pas l’historique des évènements survenus depuis le 14 juillet.

    J’ai trouvé Matt particulièrement cohérent dans sa position et Chris vraiment… irrespectueux et prétentieux. Cela dit très franchement, il va peut-être perdre quelques utilisateurs (très peu) dans l’histoire, mais cette histoire lui donne une visibilité incroyable. Je m’intéresse beaucoup au projet WordPress et je n’avais jamais entendu parler de Thesis jusqu’à hier (et le site perso de Chris était hors-service hier soir, trop de connexions à la base de données).

    Si ce sujet de la contamination de la licence GPL sur les extensions m’intéresse c’est parce que j’ai créé un projet conceptuellement similaire à WordPress mais pour faire spécifiquement des galeries photos, qui s’appelle Piwigo http://fr.piwigo.org sous licence GPL aussi. Il y a des centaines de plugins et thèmes mais pour le moment, il n’est pas explicitement écrit « les plugins et les thèmes sont distribués sous licence GPL ». Jusqu’à maintenant cela me paraissait évident, mais pas pour tout le monde semble-t-il, donc il y a besoin de clarification.

  18. Une des vertus de cette polémique sera finalement aussi de ramener le débat sur le libre, et de clarifier pas mal de choses.

    Je trouve, par exemple, que trop de gens confondent encore libre et gratuit… ce qui fausse leur compréhension de la GPL et de la position de Matt.

    Cet article est en tout cas une excellente contribution : résumé de l’affaire actuelle, et introduction au débat.

    Merci

  19. Hello Xavier!

    Thanks for referencing my blog post in what is an excellent (as far as I can tell, from the Google-translated version :grin: ) summary of the most recent dust-up.

    One point of contention, though: I would not classify my post as « pro-Thesis ». My post was intended to address Themes in general, and not the specific case of Thesis.

    In fact, depending on the extent of WordPress core code incorporated into Thesis, Chris Pearson could very well be found to have infringed WordPress’ copyright.

    Perhaps, with respect to my post, it could be more accurately described as refuting inherent inheritance of WordPress’ GPL by Themes.

    Cheers!

  20. Bonjour Xavier.

    Je vous remercie pour votre référence à des articles que j’ai écrits. De plus, vous avez récapitulé ce débat fabuleusement.

    Je suis tout d’accord avec cette phrase de votre commentaire: « les développeurs de WP ne demandent rien de plus que du respect, tant pour leur travail que pour la licence sous laquelle ils ont placé ce travail ».

    Maintenant, je suis un propriétaire d’un thème Premium de WooThemes.

    Et, à propos du débat: c’est très captivant qu’il y a une différence entre « libre » et « gratuit » en français, mais une différence beaucoup plus subtile en anglais — « free » et « free ». Trop de gens ne savent pas que la GPL représente la liberté, pas un prix de zéro.

    N’arrêtez pas de publier vos commentaires intéressants!

    Meilleures salutations,
    Frederick, au Canada

  21. Chip : ah yes. You are a late addition to this post, and since your stance is sorta anti-GPL in this matter, I put you in the second list. I should update its description to better reflect its content…

    Frederick : d’où le célèbre « free as in beer » vs. « free as in speech » :)

  22. Xavier,

    Not to nitpick, but I wanted to clarify: I’m definitely not « anti-GPL ». I’m very much pro-GPL (and everything I’ve done – and will continue to do – WordPress-related is GPL, which I’ve done by choice rather than from a sense of compulsion to do so).

    I just don’t think that copyright case law supports the contention that Themes are inherently derivative of WordPress.

    I just don’t want anyone to get the misconception that I’m « against » the GPL!

  23. Chip: understood, thanks for stressing that point :) Hence, the list is now descibed as « counter-arguments » rather than pro-This or anti-That.

  24. Excellent merci

  25. Bonjour,

    Passer sous GPL en design? oui pourquoi pas car de toute façon il faut se rendre à l’évidence tout thème aussi original soit-il s’inspire d’un graphisme existant, si on pousse à l’extrème…aucun graphiste n’a le monopole du rond bleu ou du carré jaune….la question que je me pose est peut-être idiote mais avant de passer au GPL il faut se la poser. Si je construit pour un client un thème et qu’étant sous GPL son concurrent direct décide d’utiliser le même, que faire?

  26. Céline : je le répète, la GPL est une licence de distribution publique, elle ne s’applique que si le thème est distribué au public. Donc, dans le cadre d’un travail de commande pour un client, rien n’oblige à le passer en GPL.
    Par ailleurs, seul le code PHP est rarement original. Ce n’est pas forcément idéal, mais afin de protéger les créations originales (images, fichiers CSS, fichiers JavaScript), il est possible de ne déclarer que le code PHP comme étant GPL, les autres fichiers pouvant avoir une licence autre (propriétaire, par exemple).

  27. Le débat sur la licence GPL est admirable. Nous, webdesigners et utilisateurs, devrions remercier tous ces concepteurs qui partagent.
    Et quoi ? Si cela ressemble à du marxisme-manie, tant mieux!
    Gagner sa vie tout en respectant une philosophie marxiste ou de partage est un tour de passe-passe digne du cerveau et du coeur humain. J’approuve donc totalement Matt dans cette bataille.

    Un grand merci, Xavier, d’avoir bravé ta migraine si vaillamment pour raconter de façon si professionnelle ce grand sujet.

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